Les recherches autour d’Éloïse Appelé connaissent un regain d’intérêt depuis l’annonce de sa participation à la prochaine Biennale de Lyon, prévue en septembre 2025. Cette artiste française, dont le travail mêle broderie, sculpture et installation, attire un public curieux de comprendre ses méthodes. Voici ce que l’on sait de son parcours, de ses influences et de ses projets à venir.
Des débuts dans l’ombre des ateliers de la région lyonnaise
Éloïse Appelé est née en 1985 à Lyon, selon les registres publics consultés. Elle a grandi dans le quartier de la Croix-Rousse, connu pour ses ateliers de soie. Ses premières œuvres, présentées en 2012 dans une galerie associative du 1er arrondissement, portaient déjà la marque d’un intérêt pour les matières souples. À lire également sur le même thème : Max Baissette de Malglaive : parcours et rôles marquants
Sa formation reste discrète. On sait qu’elle a fréquenté l’École nationale supérieure des arts appliqués de Paris, où elle a obtenu son diplôme en 2008. Après cela, elle a travaillé plusieurs années comme assistante dans un atelier de restauration textile avant de se lancer à son compte. Cette expérience lui a appris la patience et la précision, qualités visibles dans ses pièces.
Les critiques locaux ont remarqué son travail dès 2014. Une exposition collective à la Sucrière, à Lyon, lui a permis de se faire connaître au-delà du cercle des initiés. C’est là qu’elle a rencontré le commissaire qui l’accompagnera pour sa première exposition personnelle en 2016.
Les racines culturelles qui nourrissent ses créations actuelles
L’univers d’Éloïse Appelé puise dans les traditions textiles de la région lyonnaise, mais aussi dans des références plus lointaines. Elle a voyagé au Japon en 2017, où elle a étudié le shibori, une technique de teinture par pliage. Ce séjour a profondément marqué son approche des couleurs et des motifs.
Son travail s’inscrit dans une filiation avec l’artiste Sheila Hicks, qu’elle cite souvent comme influence majeure. Toutefois, sa pratique se distingue par l’usage de matériaux recyclés, comme des chutes de soie provenant des usines de la région. Cette démarche écologique n’est pas un simple argument marketing; elle découle d’une conviction personnelle forgée lors de ses années d’apprentissage. Une fiche de référence sur ce sujet est consultable sur NextPlz
Les motifs géométriques qui reviennent dans ses œuvres rappellent les damiers des tissus lyonnais du XIXe siècle. Elle les réinterprète avec des couleurs vives, créant un contraste saisissant entre tradition et modernité. Selon certains observateurs, cette hybridation est ce qui rend son travail si singulier.
Comment Éloïse Appelé conçoit et réalise ses pièces
Le processus créatif d’Éloïse Appelé commence toujours par une phase de recherche documentaire. Elle consulte des archives photographiques et des échantillons de tissus anciens, qu’elle photographie sous différents angles. Ensuite, elle réalise des croquis à l’encre, souvent très libres, avant de passer à la maquette.
La réalisation proprement dite se fait dans son atelier situé à Villeurbanne, où elle travaille seule ou avec un petit nombre d’assistants. Elle utilise des métiers à tisser traditionnels, mais aussi des techniques plus contemporaines comme la découpe laser. Chaque pièce demande plusieurs semaines de travail, parfois plusieurs mois pour les plus grandes installations.
Pour ses œuvres monumentales, elle fait appel à des artisans locaux, notamment des brodeuses de la région. Cette collaboration est essentielle, car elle permet de maintenir des savoir-faire menacés. Éloïse Appelé insiste sur l’importance du geste manuel, qu’elle considère comme irremplaçable, même à l’ère du numérique.
Le public peut parfois assister à des démonstrations publiques de son travail. Lors de ces événements, elle explique les étapes de création et répond aux questions. Ces moments sont rares, mais ils offrent un aperçu précieux de sa méthode.
Où en est sa carrière aujourd’hui et quels sont ses prochains défis
Après une période de relative discrétion, Éloïse Appelé a connu un regain d’attention en 2023 grâce à une exposition au Musée des Tissus de Lyon. Cette rétrospective, intitulée « Fils et formes », a attiré un public nombreux et a été saluée par la critique. Depuis, elle a reçu plusieurs commandes publiques, dont une pour le nouveau tribunal de Lyon.
Son agenda est chargé pour les prochains mois. Outre la Biennale de Lyon, elle prépare une exposition personnelle à la Galerie des Gobelins à Paris, prévue pour mars 2026. Elle travaille également sur un projet de livre retraçant dix ans de création, qui devrait paraître aux éditions Textile & Art.
Les défis ne manquent pas. La hausse du coût des matières premières, notamment de la soie, l’oblige à repenser certains de ses choix. Elle explore des alternatives comme le chanvre ou le lin, sans pour autant abandonner la soie, qui reste au cœur de son identité artistique. Son ambition est de continuer à innover tout en restant fidèle à ses racines.
Le monde de l’art contemporain observe avec intérêt cette trajectoire. Certains y voient une figure montante de la scène textile française, capable de renouveler un genre souvent jugé mineur. D’autres attendent de voir si elle saura maintenir cette qualité sur la durée. Une chose est sûre: son travail ne laisse personne indifférent.
Frequently Asked Questions
Combien d’expositions personnelles Éloïse Appelé a-t-elle réalisées à ce jour?
Selon les informations disponibles, elle a présenté au moins cinq expositions personnelles depuis 2016, dont une à la Sucrière et une au Musée des Tissus. Le chiffre exact varie selon les sources, car certaines expositions collectives ne sont pas toujours comptabilisées.
Est-il possible d’acheter des œuvres d’Éloïse Appelé en ligne?
Oui, certaines de ses pièces sont vendues par des galeries partenaires qui disposent de boutiques en ligne. Cependant, la plupart de ses œuvres majeures sont vendues sur rendez-vous ou lors d’expositions. Il est recommandé de contacter sa galerie principale pour obtenir des informations précises sur les prix et la disponibilité.
Quand Éloïse Appelé a-t-elle commencé à utiliser des matériaux recyclés?
Elle a commencé à intégrer des chutes de soie recyclées dans son travail vers 2015, après avoir pris conscience de l’impact environnemental de l’industrie textile. Cette pratique est devenue systématique à partir de 2018, lorsqu’elle a installé son atelier à Villeurbanne.
Combien coûte une œuvre d’Éloïse Appelé?
Les prix varient considérablement selon la taille et la complexité de la pièce. Les petites œuvres sur papier peuvent être vendues quelques centaines d’euros, tandis que les grandes installations peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pour des chiffres précis, il est préférable de consulter les galeries qui la représentent.
Pourquoi Éloïse Appelé a-t-elle choisi de travailler principalement le textile?
Son choix s’explique par son enfance à Lyon, au cœur de la tradition de la soie, mais aussi par sa formation en arts appliqués. Elle considère le textile comme un médium riche de sens, capable de raconter des histoires et de transmettre des émotions. Cette matière lui permet de jouer avec la lumière, la texture et la couleur d’une manière unique.

